Des personnages politiquement déterminés

Publié le par SPE


Au-delà des clivages politiques, l'analyse de M. Mélenchon lui attiré des félicitations de tous bords, et les opposants politiques d'hier, pour certains, n'ont pas hésité, malgré d'autres différends, à lui témoigner leurs sentiments respectueux pour son courage politique.

C'est un des phénomènes les plus profondément marquants de l'actuelle campagne de désinformation, qui a été remarqué ici et là, à plusieurs reprises dans ce débat, et dans ce combat : ceux qui nous tendent la main en temps de crise se trouvent parfois dans le camp de nos supposés adversaires.
Merci

Un sénateur s'en prend
au dalaï-lama et à RSF

Samuel Laurent (lefigaro.fr)
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/04/09/01002-20080409ARTFIG00322-melenchon-s-en-prendau-dalai-lama-et-a-rsf.php
09/04/2008 | Mise à jour : 17:00 |
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Le sénateur socialiste de l'Essonne s'est livré, sur Europe 1, à une violente charge contre les mouvements pro-tibétains et les menaces de boycott des jeux olympiques.

Robert Ménard, secrétaire de Reporters sans Frontières ? Lié aux «néoconservateurs» américains. Le dalaï-Lama ? «Vous le trouvez sympathique parce que vous avez lu Tintin au Tibet». Alors que l'arrivée de la flamme olympique à San Francisco fait craindre de nouvelles manifestations des partisans de l'indépendance du Tibet, Jean-Luc Mélenchon a pris mercredi sur Europe 1 une position pour le moins iconoclaste.

Le sénateur de l'Essonne l'assume : «Je n'approuve pas la théocratie, je ne suis pas d'accord pour dire que le Tibet aurait le droit à une indépendance à l'égard de la Chine». Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon développe ses arguments. Pour lui, «Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle ». Et «parler d'invasion en 1959 pour qualifier un évènement à l'intérieur de la révolution chinoise est aberrant». Le responsable socialiste évoque la division en castes de la société tibétaine, abolie par Pékin après l'occupation de la région, ou encore les progrès accomplis en matière de scolarisation des enfants ou d'espérance de vie depuis cette date.

 

Des «personnages politiquement déterminés»

 

Dès lors, de son point de vue, «les évènements du Tibet sont un prétexte» pour justifier «une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois». Et d'interroger, sur Europe 1 : «on veut infliger quel genre de camouflet à qui ? Si on voulait s'affronter à Pékin, on le ferait dans le domaine des affaires». Jean-Luc Mélenchon va plus loin. Et accuse Washington. «Lorsqu'un pays, dans la géopolitique mondiale, pose un problème aux Etats-Unis d'Amérique, on provoque toutes sortes d'incidents qui mettent en cause son unité», explique-t-il.

Quand au secrétaire général de Reporters sans Frontières, principale figure du mouvement de protestation contre la Chine, il «remplace à lui tout seul la ligue des Droits de l'homme, Amnesty international, les syndicats de journalistes», dénonce Jean-Luc Mélenchon.

Pour le sénateur de l'Essonne, Robert Ménard n'est pas un «petit Tintin isolé». «On ne me fera pas croire à cette imagerie du dalaï-lama lévitant dans l'espace comme dans Tintin au Tibet et Robert Ménard dans le rôle de Tintin. Tous ces personnages sont politiquement déterminés et poursuivent des buts politiques», assène-t-il, évoquant des liens entre le secrétaire général de RSF et «les milieux néoconservateurs américains. Liens évoqués dans un ouvrage récent (1).

 

«Le camp des bons et le camp des méchants»

 

Autre critique de Jean-Luc Mélenchon : le «mépris» affiché par Paris à l'égard de Pékin. Un mois et demi après son arrivée, Nicolas Sarkozy n'aurait en effet toujours pas reçu le nouvel ambassadeur chinois en France pour qu'il lui présente ses lettres de crédit. Interrogé par lefigaro.fr, le Quai d'Orsay estime que le délai est «raisonnable», compte tenu de l'emploi du temps du chef de l'Etat.

Pour autant, Jean-Luc Mélenchon récuse toute sympathie à l'égard du régime chinois. «Je ne veux pas participer aux manifestations de soutien pour l'indépendance du Tibet et le boycott, ça ne fait pas de moi l'ami du contraire», explique-t-il. Avant de demander à ses «compatriotes de réfléchir à cette idée que tout cela nous entraîne dans une direction qui n'est pas la bonne». Car, selon lui, «le plus terrible de tout, c'est le choc des civilisations. A la fin y a d'un côté le camp des bons et le camp des méchants».

(1) Maxime Vivas, «La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux faucons du Pentagone», Bruxelles : Aden, 2007.

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